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Yoweri Museveni : « l’Ouganda n’est pas ma maison. Si je perds les élections, je m’en irai chez moi »

18 millions d’électeurs ougandais sont appelés aux urnes ce jeudi dans le cadre des élections les plus marquantes de ces trois dernières décennies. Plus qu’un simple scrutin, cette confrontation symbolise un véritable choc de génération entre Yoweri Museveni et son principal challenger, Bobi Wine.

Dans une interview accordée le mercredi 13 janvier 2021 à CNN , le président sortant de l’Ouganda et candidat à sa propre succession, Yoweri Museveni (photo), a fait savoir qu’il accepterait le verdict des urnes s’il perdait les élections de ce 14 janvier 2021.

« L’Ouganda n’est pas ma maison. Si je perds les élections, j’irai chez moi et je m’occuperai de mes propres affaires si l’opinion publique en Ouganda ne veut pas que je l’aide à résoudre ses problèmes […] Je vais m’occuper de mes problèmes personnels avec joie » , a-t-il déclaré.

Ce jeudi 14 janvier, environ 18 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour l’une des élections présidentielle et législatives les plus marquantes de ces trente dernières années en Ouganda.

Dix candidats défient dans une atmosphère politique particulièrement tendue, le président sortant Yoweri Museveni (76 ans), au pouvoir depuis 35 ans et qui est candidat pour un sixième mandat à la tête du pays.

Parmi ceux-ci, la popstar devenue politicien, Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, âgé de 38 ans, fait office de principal challenger. Le « président du ghetto » comme il se surnomme, très populaire parmi les jeunes et les populations urbaines de ce pays, s’est fait particulièrement remarquer pendant la campagne électorale.

Faisant principalement campagne contre « la dictature » de Yoweri Museveni, Bobi Wine est parvenu, ces derniers mois, à intensifier la mobilisation populaire autour de lui, malgré la répression dont ses partisans et lui ont fait face de la part des forces de sécurité.

De son côté, Yoweri Museveni peut compter sur la population rurale au sein de laquelle il continue de bénéficier d’un fort soutien, pour tenter de conserver le pouvoir. Le président sortant a d’ailleurs fait campagne sur ses antécédents de transformation des vies, et l’amélioration de l’accès aux soins de santé.

Museveni a même qualifié l’opposition de mouvement populiste visant à exciter la population jeune, mais avec peu d’espoir de succès.

Le scrutin de ce jeudi renferme donc d’importants enjeux, eu égard aux violences et à la tension qui ont entouré la campagne électorale, ainsi qu’au choc de générations qu’il symbolise.

Mardi, le régulateur des communications ougandais a ordonné aux entreprises de télécommunications de « suspendre immédiatement tout accès et toute utilisation » des médias sociaux et des plateformes de messagerie en ligne.

De son côté, Bobi Wine a affirmé qu’il n’acceptera que les résultats d’élections libres et équitables. « Le parti que je dirige doit respect au résultat, si les élections sont menées indépendamment, librement, équitablement, et avec rien d’autre qu’une transparence absolue » , a-t-il déclaré mercredi à NTV Uganda dans une interview.

Une position partagée par Gregory Mugisha Muntu de l’Alliance pour la transformation nationale (ANT), qui a également déclaré que l’opposition unirait et rassemblerait plus de 45 millions d’Ougandais pour défier les résultats du scrutin s’il est entaché de fraudes.

Dans un communiqué, l’Union européenne (UE) a appelé à des élections générales crédibles, inclusives et transparentes afin de permettre à tous les Ougandais d’exercer leurs droits démocratiques sans crainte d’intimidation ou de violence.

« Le recours excessif à la force par les forces de l’ordre et les agences de sécurité a gravement terni ce processus électoral. En ce moment crucial, l’UE s’attend à des élections transparentes, inclusives et crédibles » , a déclaré le Haut Représentant de l’Union européenne (UE), Josep Borrell.

Les Etats-Unis ont quant à eux décidé, mercredi, d’annuler leur mission d’observation des élections en Ouganda après le rejet par la Commission électorale ougandaise de plus de 75% des demandes d’accréditations d’observateurs électoraux américains.

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